Le problème

Les questions de la vie privée, de la propriété et du droit à l’image sont récurrentes ces jours-ci. Et les média ne manquent pas de rappeler à l’utilisateur lambda (beta?) qu’il doit avoir peur, en lui soulignant LES DANGERS D’INTERNET (le dire avec un air dramatique). Ca fait de l’audience.
Mais utiliser internet, c’est comme marcher dans la rue. Ce n’est ni plus ni moins qu’un espace de plus que l’homme s’est approprié, où l’on ne sera jamais totalement libre, et chacun doit être conscient qu’on y laisse forcément des traces par-ci par-là. Et même si certains se battent pour faire valoir ce droit universel de liberté (bien qu’utopique), on est bien contraint d’accepter ce pseudo-contrat d’utilisation d’internet.
La solution pour ne pas laisser de traces sur internet est très simple…il suffit de ne pas s’y promener! Au même titre que vous ne pouvez pas prétendre à la liberté d’entrer dans un sex-shop en toute discrétion sans qu’un de vos voisins ne vous voit, malgré toutes les précautions que vous aurez pu prendre. C’est le jeu.
Mais revenons à ma préoccupation actuelle (oui, vous commenciez à chercher le rapport avec le titre là!), j’aurai l’occasion de m’exprimer sur ce dernier sujet à l’avenir si vous le souhaitez.
Mon intérêt pour la photo a récemment pris de l’importance, mon dossier de photos devient de plus en plus gros…Et l’achat d’un bridge en juillet dernier n’a rien arrangé, puisque les photos font en moyenne 4Mo, ce qui porte mon dossier à près de 30Go.

Les solutions

Pour peu que l’on aie déjà expérimenté la perte de données (oui, ça sent le vécu) ou que l’on y soit sensibilisé, on connaît l’importance de la sauvegarde de celles-ci. Et il faut savoir que la seule solution valable de sauvegarde de données est la duplication. Alors que faire? Graver ses données sur DVD? Diantre non! Même bien conservé au fond d’un tiroir à l’abris de la lumière, rien ne vous garantit que ces données resteront exploitables dans 10ans. Le support CD/DVD n’est finalement qu’un vulgaire morceau de plastique doublé d’une fine couche métallique. Ca vous inspire confiance ça?
Alors un second disque dur? En copie manuelle, le maintien de votre base de données peut être fastidieux, et la mise en place d’un Raid 1 (duplication automatique des données) n’est pas aisée pour tout le monde. Sans oublier que les risques restent non négligeables, une surtension et ce sont vos deux disques qui y passent…
La solution à laquelle j’aspire est la sauvegarde en ligne. Attention, je ne parle pas de la publication des photos, mais simplement de leur sauvegarde (en doublon de mon disque local) sur un disque dur « quelque part », probablement aux USA. « Mais il est fou? Aux z’tats unis? ». Oui. Et honnêtement, la question de la propriété des données ne me pose guère problème. Ce ne sont « que » des photos, pas des secrets d’état ou des dossiers médicaux. Des moments inoubliables et immortalisés, que je ne souhaite pas publier, mais simplement conserver, et surtout, surtout, surtout, ne jamais perdre. Un jardin secret dont on ne veut pas que les portes se ferment.

LE problème

Mais vient se poser ici une question d’éthique sur laquelle je bloque. Mes amis que j’ai pris en photo à la terrasse d’un café, ma famille, mes collègues, cette fille que j’ai rencontrée, accepteraient-ils que leur image soit stockée quelque part, sur un disque branché dans un coin du globe? N’auraient-ils pas peur que leur image soit utilisée à leur insu?
Voilà donc le coeur du problème. Il ne s’agit pas de ma vie, de mon image, mais de celle des autres.
  • Credit photo : photo MIROSLAV VAJDIĆ for openphoto.net CC:Attribution-ShareAlike